La charité prend une place importante dans les discussions de la Loge.
Après la lecture du procès verbal de la réunion précédente, le Vénérable Maître annonçait qu'il ferait circuler la parole pour la deuxième fois. C'est à ce moment que se faisait la lecture des demandes de secours; elles étaient admises ou rejetées ou bien encore laissées à l'appréciation du F. dit «Hospitalier». Cette charge n'était pas une sinécure. Il y avait plusieurs supplique chaque fois. Nous en citons quelques unes, soit à cause de l'importance de celui qui frappait à la porte de la Loge, soit à cause du but ou de l'importance du secours, soit encore à cause des circonstances qui l'entouraient.
Le 22 mai 1747, un visiteur anglais, dans le besoin, s'étant présenté à la Loge, un secours de cent livres lui fut accordé cependant que "la boëte des pauvres", ayant circulé à son intention, lui rapportait trente quatre livres. C'est la première fois que l'on trouve dans les minutes une générosité faite à un Franc Maçon. Ce précédent se répétera souvent.
En juin, on distribuait cent cinquante livres au F. Karl Fried Schrôder dont on avait dépeint la grande infortune. Ce jour là, la Loge se montrait plus généreuse qu'elle n'était riche. Le F. Moissac fut obligé d'avancer la somme et le F. Hospitalier dut aller visiter tour à tour ses collègues pour rembourser le généreux prêteur. Le 18 juillet 1757 on refusait une supplique tendant à obtenir des fonds pour réparer une église. En avril 1765 c'est le F. Comte de Pourcherie de la Reva, capitaine de cavalerie, qui se voit accorder trois pierres plates d'or (trois Louis d'or).
Elle avait d'autres façons d'exercer son zèle charitable. Le 18 mars 1870 elle apprenait avec émotion qu'un de ses membres, le F. FISKER, au cours d’un voyage en Méditerranée avait été capturé par des pirates et amené en captivité à Alger. On se mit aussitôt en oeuvre pour lui venir en aide. La somme nécessaire pour payer sa rançon fut réunie et l'on chargea les Pères de la Merci de négocier le rachat et de rapatrier ce bon F. La Loge avait la joie, quelque temps après, de le voir participer à ses travaux et ce fut l'occasion pour le F. Camille, Orateur, de prononcer un discours plein de belles pensées, qui fut versé aux archives.
C'est le 26 janvier 1747 que l'on voit pour la première fois un événement historique avoir sa répercussion sur les colonnes de la Loge. Une Commission de quatre membres députés par la R. L. La Française élue Écossaise vint annoncer qu'elle se proposait de donner un bal à l'occasion du mariage de Mgr le Dauphin et qu'elle avait l'intention de donner cette fête en commun avec les autres Loges de l'Orient de Bordeaux. Le V.M. l'abbé Lapause, curé de Saint Pierre, les exhorta à abandonner ce projet. Il fut décidé que pour célébrer dignement cet événement « si heureux pour la France », il serait donné un dîner à tous les Francs Maçons de la ville ainsi que les étrangers qui seraient reçus gratis et avec urbanité.
En conséquence, tous les FF de la Loge Anglaise s'engagèrent à payer à cette occasion la somme de six livres en plus de leur annuaire. Ce banquet eut lieu le 24 février, il laissa un bénéfice de cent cinquante livres qui fut distribué aux malheureux.
Le monde extérieur continuant à influer sur la vie de la Loge, elle avait donné une grande fête à l'occasion de la convalescence du Roy et, le 15 mars 1757, le V M rendait compte de l'emploi des fonds récoltés pour les pauvres pendant cette solennité : il y eut deux cents livres pour la Maison de Force, deux cents livres pour le curé de Saint Rémi, deux cents livres pour celui de Saint Pierre.
En septembre 1781, elle nommait comme Vénérable d'Honneur, le F Maréchal Duc de Mouchy.