Cette direction morale était admise au point que, lorsqu'en mars 1765, La Française élue Écossaise reçut des Patentes de la G. L. de Paris, elle pria le V. M. de L'Anglaise, auquel elle envoyait une copie de ces pièces, de bien vouloir dépêcher deux députés pour poser sur l'original le visa de L'Anglaise. Sensible à cette marque de déférence L'Anglaise accéda à leur désir.
Elle avait créé en 1746 La Consolante Maçonne à la Nouvelle Orléans. En 1749 elle avait délégué le F Zolicoffre, qui habitait Brest, pour procéder à l'installation régulière de la R.L. L'Heureuse Rencontre sous son patronage et comme sa fille ». En 1751, c'est L'Anglaise, fille de Bordeaux, qu'elle installe à Limoges, puis sous le même titre L'Anglaise, à Pons en 1754, L'Anglaise à Cayenne en 1755, L'Anglaise à Cognac en 1760, puis enfin en 1765, à Périgueux, la Loge L'Anglaise et L'Amitié.
Ce rayonnement n'allait pas sans inquiéter la Grande Loge de Paris qui, prenant une décision brutale, faisait savoir, le 23 septembre 1766, qu'elle ne pourrait reconnaître comme régulières les Loges anglaises établies en France, qu'autant que celles ci auraient reçu son agrément.
Justement alarmée. L'Anglaise écrit à sa Mère Loge, lui transmet la lettre de Paris et lui demande sa bienveillante protection.
Le 6 décembre 1766, le T.V.F. Samuel Spencer, Grand Secrétaire de la Grande Loge de Londres, écrivait au T.V.F. Zambaud, Grand Secrétaire de la Grande Loge de Paris :
La Grande Loge de Londres a reçu une lettre de sa fille, la Loge Anglaise de Bordeaux, lui disant que vous ne la regardez pas comme existante mais, ayant été sous notre protection depuis l'année 1732, et sous la Constitution de la G L d'Angleterre, nous ne doutons pas que vous ne regardiez notre fille de Bordeaux comme une Loge régulièrement constituée, sur quoi, nous avons la ferme confiance que, lorsque le contenu de la présente vous sera connu, toutes les Loges de France l'envisageront dans un jour respectable comme des Maçons doivent l'être.
Je suis avec beaucoup de respect, votre vrai et fidèle F.
Signé: Samuel Spencer.
La Grande Loge de Paris céda. L'Anglaise, continuant à prospérer, donnait au T C F Didier, résidant à Londres, les pouvoirs d'obtenir de la Grande Loge d'Angleterre la faveur de se constituer en Grande Maîtresse Loge provinciale en France, comme étant la plus ancienne du royaume, et d'avoir en cette qualité, un droit d'inspection sur toutes les Loges anglaises de France.
Nous ne trouvons pas aux archives de documents qui nous permettent de conclure que cette faveur lui fut accordée.
L'année suivante une lettre était communiquée émanant du F Chaillon de Jonville, Grand Maître de la Grande Loge de Paris, datée du 30 octobre, qui annonçait que cette Grande Loge avait suspendu ses travaux depuis le mois de mars 1767 et que le Grand Maître avait donné sa démission.