Les relations continuèrent cordiales avec la Grande Loge d'Angleterre : le 2 juillet 1770, L'Anglaise recevait de sa Mère Loge une médaille frappée pour elle qui fut remise au Trésorier pour être conservée dans les archives.
Quelques années se passent. A Paris, la faction Lacorne réussit à mettre sur pied une nouvelle fédération maçonnique qui constitue sous le nom de Grand Orient de France une nouvelle Grande Loge.
Le 15 juin 1774, la Loge anglaise de Cognac demandait à sa Mère la Loge anglaise de Bordeaux l'autorisation officielle de se mettre sous la domination de la nouvelle Grande Loge de Paris. Ce fut pour L'Anglaise l'occasion de s'apercevoir qu'elle n'était plus portée au tableau de la Grande Loge d'Angleterre, sous les auspices de laquelle elle n'avait jamais cessé de travailler.
Le 6 septembre 1774 elle décide, pour attirer l'attention de sa Mère Loge, de ne plus lui payer son tribut, puis, toujours sans nouvelles, le 26 juin 1776 elle délibère : qu'attendu « le constant et trop long silence gardé par la Grande Loge d'Angleterre, il serait adressé sans délai une planche de félicitations au Grand Orient de France sur l'heureux avènement et l'installation du T.R.F., Mgr le Duc de Chartres, en qualité de Grand Maître ».
Le 20 juillet 1778 le Grand Orient de France faisait savoir qu' il reconnaissait la Loge Anglaise comme la plus ancienne des Loges de Bordeaux. Comme d'autres Loges de cette ville, L'Anglaise aurait pu solliciter son admission dans la Fédération des Loges qui constituaient le Grand Orient. Mais consciente de sa dignité, jalouse de son indépendance, elle aurait cru déroger en se mettant sous la domination totale d'une puissance maçonnique d'origine aussi récente. Elle chercha une formule qui lui permettait de conserver son prestige et de concilier ses intérêts.
Elle crut l'avoir trouvé en demandant au Grand Orient de lui faire la faveur de l'agréger à sa charge. En échange des avantages que cette agrégation lui apportait elle faisait d'importants sacrifices. D'abord, elle renonçait au droit qu'elle avait de constituer de nouvelles Loges, ensuite elle s'obligeait à payer un droit de chancellerie de cent vingt livres. Le Trésor était mal en point pour faire cette somme et, lorsque le 25 mars 1781 le VM, l'abbé Lapause, vint procéder à l'installation de la Loge, investi des lettres d'agrégation, les membres présents durent se cotiser spécialement pour réunir cette somme La Loge, nouvellement agrégée, continuait son existence régulière lorsqu'un incident vint déterminer un nouveau retour à la Grande Loge d'Angleterre.
Une coterie de quelques F.F., ils étaient dix sept, voulaient créer un Atelier dont le but avoué était de faire disparaître L'Anglaise. Un conseil extraordinaire de discipline prit contre ces révoltés de sévères sanctions : quelques uns d'entre eux furent brûlé définitivement, d'autres exclus pour des temps variant entre trois et neuf ans.
Ces condamnés firent alors tant et si bien que, non seulement ils obtinrent du G O la radiation de L'Anglaise, mais on leur donna l'autorisation de créer une nouvelle Loge sous le titre distinctif de : La Vraie Anglaise.
On comprend à quel point la doyenne des Loges de Bordeaux se montra vexée de cette condamnation prononcée sans l'entendre par le G O Une fois de plus, elle se retourne vers sa Mère Loge, la Grande Loge d'Angleterre. Par l'intermédiaire du F Talbot Dilon, son représentant à Londres, elle redemanda à être inscrite sur la liste des Loges anglaises et, par une lettre dont il fut donné lecture le 30 décembre 1785, la Sérénissime Grande Loge d'Angleterre faisait savoir qu'elle la rétablissait sur son tableau avec le numéro 240.