Mais le G O avait compris son erreur. Il priait le F Deveux de chercher à arranger les choses. Sur ses instances, le V M consultait la Loge pour savoir s'il ne serait pas opportun de renouer des relations malencontreusement interrompues. Avec sa dignité habituelle, L'Anglaise, blessée, décidait le 23 décembre 1785 qu'une telle démarche serait « lâche et inconséquente ».
Ne se tenant pas pour battu, le F Deveux revenait à la charge, montrait l'intérêt qu'il y avait à obtenir la réintégration de la Loge au sein du G O. Cette tentative était encore repoussée le 9 février 1786 et la décision de rupture maintenue avec d'autant plus de rigueur qu'au mois de mai suivant, une lettre du Grand Secrétaire Williams assurait la protection continuelle de la Grande Loge d'Angleterre et confirmait : que L'Anglaise était toujours maintenue sur son catalogue et que le meilleur accueil serait toujours réservé à son représentant, le F François Talbot Dillon.
Les choses en étaient là en septembre 1788, quand un visiteur, le F Robin, membre de la R.L. L'Espérance, n° 284, faisait savoir que la Loge L'Amitié à Bordeaux lui avait déclaré qu'il n'y avait dans cet Orient que trois Loges orthodoxes : La Française élue Ecossaise, L'Amitié et La Vraie Anglaise. La 240 s'indigne et décide de ne recevoir à ses travaux, « ni dans les parvis, ni même dans le local extérieur, aucun membre de ces Loges, sous quelque considération que se puissent être et, jusqu'à ce qu'elles soient rentrées dans les limites de leur devoir et après avoir rendu à la T R L 240 les honneurs maçonniques que sa qualité de Mère Loge de cet Orient et son ancienneté exigeaient ».
Elle arrêtait en plus qu’il serait adressé à la Sublime Grande « Loge d'Angleterre un mémoire relatif aux événements, lui demandant sa tendre sollicitude pour la Loge sa Fille en la priant « d'appuyer fortement sa réclamation en avertissant le GODF. que, si la Maçonnerie française ne faisait cesser à ses « membres cette manière de procéder, les Ateliers anglais établis « en France seraient absolument fermés à tous les Maçons de France ».
Deux ans plus tard, notre Loge faisait un pacte avec trois autres Loges de la région : La Française élue Ecossaise, L'Amitié et La Française d'Aquitaine qui convenaient de ne plus avoir de relations avec le G O D F.
D'autres incidents, moins importants, eurent lieu pendant cette période qui va de 1732 à 1796 entre les diverses Loges de Bordeaux.
Les motifs en étaient généralement sans gravité, c'étaient des questions de préséances pour lesquelles notre Loge se montrait particulièrement pointilleuse. On essayait aussi de lui contester son ancienneté. Il y avait à cela deux raisons :
1 ° Sa première constitution anglaise était datée du 8 mars 1 766
2° Sa première patente française était datée de 1778.
D'autres Ateliers possédaient des patentes plus anciennes, bien que n'ayant commencé leurs travaux que plusieurs années après elle. Ces faits l'obligèrent plusieurs fois à en appeler à ses autorités constituantes pour faire respecter ses droits.
D'une façon générale cependant ils n'étaient point discutés et la plupart des Loges s'inclinaient devant elle. Un usage s'était établi entré les Ateliers de Bordeaux. Chaque année on nommait une délégation qui se rendait dans les autres Ateliers pour y faire solennellement la remise de ce que l'on appelait le Tableau des Loges, c'est à dire la liste des Membres de cet atelier précédée des noms de ses Officiers dignitaires.