L' Anglaise recevait ces délégations la première et rendait ensuite la politesse. Cette remise se faisait de la façon suivante: dès son arrivée au local maçonnique, la délégation se faisait annoncer par le gardien du Temple. Aussitôt le V M l'envoyait chercher dans les parvis, la faisait introduire dans le Temple, et, maillet battant, tandis que les Membres de l'Atelier faisaient la voûte d'acier, le Maître des Cérémonies la conduisait à l'Autel, où elle faisait la remise du tableau après échange avec le V M de paroles amicales et de souhaits de prospérité.
Le 14 août 1760, dans un but de simplification, on proposait, pour la première fois, une réunion de toutes les Loges de cet Orient, qui aurait pris nom de Loge générale et pendant laquelle les divers Ateliers se seraient communiqués leurs tableaux. L'Anglaise 204 répondit qu'elle préférait s'en tenir aux anciens usages, elle estimait que « vu son ancienneté reconnue de tout temps », elle avait droit à ces marques de déférence qui consistaient à recevoir la première les tableaux des autres Ateliers.
On lui demandait des conseils, on l'informait de ce qui paraissait irrégulier, on lui faisait arbitrer les conflits. En 1744, elle apprenait que plusieurs Membres de la Respectable Loge La Française élue Ecossaise avaient l'intention de former une nouvelle Loge et qu'une forte opposition était faite à cette création. Les nouveaux fondateurs lui demandèrent de trancher le différend et le 15 mai elle rendait un arrêt ainsi conçu :
1 ° La Loge Française confirmera et approuvera la Loge Particulière sous le titre distinctif de Parfaite Harmonie comme Loge régulière et orthodoxe.
2° La Loge La Parfaite Harmonie enverra la liste des Officiers dignitaires qu'elle aura nommés sans perte de temps, le lendemain de la St Jean, au V.M. en titre de la Loge Française qui sera prié, ainsi que ses deux Surveillants, d'agréer une paire de gants blancs.
3° Si, par la suite, les Membres de la Parfaite Harmonie se trouvaient en trop grand nombre et que la séparation soit nécessaire, il ne pourra se former de nouvelles Loges que par le consentement et le pouvoir de la Loge Française.
Le 15 avril 1749, la Loge Bergerac demandait l'avis de L'Anglaise sur les innovations que la Loge Française, à l'Orient de Toulouse, faisait sur la manière de recevoir les Maçons qui était « de ne point faire de serments sur l'Évangile, se contentant de la parole d'honneur du néophyte et supprimant l'obligation qu'il doit contracter envers la Loge qui l'admet. »
Le 20 mai 1760, un F., sur les colonnes, faisait observer que dans le Temple de la R L L'Amitié on lisait en toutes lettres ces trois mots : Force, Sagesse, Beauté. La Loge Française d'Aquitaine priait L'Anglaise de se joindre à elle pour envoyer une députation à L'Amitié, afin de lui représenter que c'est contre les règles de la Franc Maçonnerie que ces trois mots soient écrits en entier. Le 26 février 1764, un Membre de la Française élue Écossaise racontait que pendant la dernière réunion de son Atelier, un Officier étranger avait voulu entrer par force en Loge, que même il avait mis l'épée à la main. On lui avait demandé au préalable s'il n'avait pas fréquenté une des Loges bâtardes de cette ville; il avait répondu qu'en effet, il appartenait à un Atelier créé par le fameux Sieur Martinez de Pascalis, qui avait fondé en France le rite les Élus Cohen. On lui avait refusé l'entrée et on l'avait repoussé avec violence. Le V M de la Loge Anglaise approuva la conduite de La Française, il offrit même de se rendre auprès de Mr de Ségur, Lieutenant du Maire, pour le prier de défendre à l'avenir au Sieur Pascalis de troubler le travail des Loges et au besoin de le mettre au cachot.
On avait quelquefois de charmantes attentions pour notre Loge. Le 28 janvier 1776 une lettre de la R L L'Anglaise de Périgueux était remise sur l'autel. Elle annonçait l'envoi, à sa Mère Loge, d'une dinde farcie de truffes avec six perdrix comme preuve de son amitié constante.