Poursuivant ses négociations, oubliant les raisons qui l'avaient séparée du G O, elle reprend sa situation de Loge agrégée à la correspondance de cette Puissance et réussit alors à réaliser partiellement un de ses rêves : avec les Loges La Française élue Écossaise, L'Amitié, et La Française Aquitaine, elle formait une Grande Loge Provinciale en faveur de laquelle, avec l'autorisation du G O, elle abdiquait son droit de fonder d'autres Loges.
Les guerres de l'Empire viennent encore une fois troubler cette heureuse situation. Lorsque le blocus continental eut pris fin, les relations qui avaient été rompues avec la Grande Loge d'Angleterre étaient renouées grâce à l'intervention du F Dabryple, Commissaire Général de l'Armée anglaise, qui avait bien voulu accepter de représenter l'Anglaise auprès de sa Mère Loge. Les négociations avaient duré un certain temps. Le 23 décembre 1814, elle envoyait une adresse de sympathie à la Grande Loge d'Angleterre et au Grand Orient de France.
Trois ans plus tard, le 16 mai 1818, le F William White, Grand Secrétaire de Londres, entretenait avec le Secrétaire de l'Anglaise, une correspondance par laquelle il faisait remarquer qu'en somme les relations avaient cessé avec la Grande Loge d'Angleterre depuis 1786. II semble que ce Respectable F confondait le G O de France avec la Loge Anglaise. Or celle ci lui rappelle qu'elle a toujours travaillé en ouvrant ses réunions au nom et sous les auspices des Grands Orients de France et d'Angleterre. Elle en profite pour affirmer, une fois de plus, son attachement et son loyalisme à la Grande Loge d'Angleterre.
Le F White croyait fermement que la Loge Anglaise avait complètement disparu ou qu'elle travaillait exclusivement sous les auspices du G O de France; il s'était cru autorisé à la rayer de ses registres.
La Loge fit ressortir la rigueur des évènements politique qui mettant l'Angleterre et la France en état de guerre, l'avait obligée, momentanément, à suspendre les relations d'amitié. Elle faisait remarquer qu'elle avait dû souvent s'incliner devant le pouvoir impérial à une époque où la moindre résistance était un crime, et où l'obéissance passive, au contraire, était un devoir. Malgré ces lettres successives, le Grand Secrétaire Anglais répondait par une sorte de fin de non recevoir et invitait la Loge Anglaise à se mettre ou à rester sous la dépendance du G O de France.
Sans abandonner la partie, la 204 répliquait qu'elle ne pouvait accepter de reconnaître une puissance maçonnique à laquelle elle avait souvent résisté et qu'elle ne pouvait demander comme faveur de se mettre sous une dépendance qu'elle avait refusée avec tant d'énergie, affirmant qu'elle préfèrerait se mettre dans un sommeil définitif que tolérer une telle situation. Elle accepterait à la rigueur, après conciliation, d'unir les deux rites dans son exergue, mais en conservant cependant la priorité à la Grande Loge d'Angleterre dont elle entendait rester la Fille dévouée et respectueuse. Elle envoyait, en même temps que cette dernière demande, le tableau de ses Membres et de ses Officiers comme témoignage de son attachement et demandait qu'un autre F que le F Dabryple lui soit indiqué pour la représenter à Londres, parce que celui ci, obligé de s'absenter, ne pouvait lui continuer ses bons offices.
Toutes ces lettres, toutes ces démarches, ne semblent pas avoir abouti car à partir de ce moment, jusqu'en 1847, on ne trouve plus, dans les archives de la Loge, des traces de relations suivies avec la Grande Loge d'Angleterre. Pourtant elle continue à travailler sous les auspices des Grands Orients d'Angleterre et de France et cela jusqu'en 1876.
Le Grand Orient de France était devenu puissant. Il manifeste son autorité chaque fois que l'occasion s'en présente. En 1840, il envoyait une circulaire pour interdire les congrès régionaux dont le travail sérieux et les décisions mesurées portaient atteinte à son prestige.