En 1849, il promulguait une loi déclarant qu'il ne reconnaîtrait plus les Loges constituées par les puissances étrangères, ce qui ne laissa pas de donner quelques inquiétudes à la 204.
Celle ci avait conservé l'habitude de donner des diplômes aux Membres de son Atelier qu'elle avait initiés et élevés au Grade de Maître. Ie 12 novembre 1849, elle recevait de la part du Grand Orient, l'interdiction de délivrer ces pièces. En vain, le V M Bras Lafitte écrivait pour faire ressortir les inconvénients qui en résulteraient pour son Atelier, faisant remarquer la position exceptionnelle de la Loge qui recevait beaucoup d'étrangers de passage à Bordeaux. Cette interdiction arrivait justement au moment où le F Bande, qui venait d'être élevé au troisième degré, attendait son diplôme pour entreprendre un long voyage. L'Atelier décida de passer outre et l'acte fut délivré malgré l'interdiction du Grand Orient.
L'usage de blanchir la Loge avait été supprimé pendant les dernières années de la Révolution. En novembre 1801, à l'occasion de la signature du traité de Lunéville qui, sur les minutes est qualifié de Paix générale on décide de donner une fête et, à cette occasion, de rétablir cette ancienne coutume. Un F qui a gardé l'anonymat offrit pour cette fois, non seulement de fournir les gants blancs, mais encore de faire faire à ses frais quarante huit habits maçonniques, tabliers et cordons pour les Membres de l'Atelier.
Après le Directoire et le Consulat, c'est l'Empire. Le 18 septembre, la R L Le Silence, de l'Orient de Lyon, faisait parvenir à la 204 un portrait de Napoléon le Grand et, comme rien ne pouvait être plus agréable que cet envoi on décida que « le portrait de cet homme illustre serait encadré et exposé dans la Salle des Banquets » (à remarquer que Napoléon ne fut pas Franc Maçon). En 1807, une grande fête fut donnée le 25 novembre en l'honneur du passage du Sérénissime Grand Maître de l'Ordre, le F Cambacérès, et le 27 novembre, on recevait la visite d'un autre FLally Tollendal. Sa présence, le discours qu'il prononça, firent une telle sensation que, par une délibération spontanée, la Loge le nomma Membre d'honneur et, non contente de cela, le 9 février 1808, elle procédait à son affiliation, le nommait Vén. d'Honneur à perpétuité et lui offrait un cordon orné d'une équerre d'or sur laquelle on avait inscrit d'un côté : « La R L A 204 ap R F Lally Tollendal », et de l'autre côté : « Hommage à la Vertu ».
Le 18 juin 1811, la Loge apprend avec joie la naissance du Roi de Rome et décide de célébrer cet événement par une grande fête. Les lois maçonniques obligent les Maçons à accepter le Gouvernement légitime du pays où ils vivent. Peut être pourrons nous critiquer l'empressement de l'Anglaise à fêter les régimes qui se succédèrent pendant cette époque troublée. Le 27 avril 1814, la R L Le Triangle proposait aux divers Ateliers de Bordeaux de se réunir en un banquet en l'honneur du retour des Bourbons en France. L'Anglaise fit exprimer ses regrets de se trouver dans l'impossibilité de coopérer à cette belle réunion; elle était en effet en délicatesse avec la Loge L'Amitié. Celle ci devant participer à la fête, elle estima que sa dignité ne lui permettait pas d'assister à ce banquet. Le 19 mai elle célébrait seule le retour de la Monarchie en France.
Le temps des renoncements est passé, l'ère de l'évolution politique va commencer.
Le 9 février 1848, on trouve dans les propos quelques allusions à la situation politique. Ces allusions sont extrêmement sages, mais, peu à peu, les idées commencent à évoluer le 28 août 1849.
On discute pour savoir dans quelles limites on pourrait s'occuper en Loge de questions politiques et religieuses, c'est le premier écho de l'entrée de la politique dans la Loge. Il semble être le résultat des journées mémorables de la Révolution de 1848, Cette période d'agitation révolutionnaire et de retour aux anciennes traditions semblent amener un refroidissement parmi les Francs Maçons. Les loges sont peu fréquentées, le recrutement pour ainsi dire nul, mais les séances ne sont plus occupées exclusivement par l'accomplissement du rite, par des discussions sur des bonnes oeuvres et des distributions de secours à des malheureux: