Le 17 décembre 1850 on discutait sur La solidarité. Il est prononcé d'excellents discours. Parmi les orateurs, le F Vigier chante le socialisme qu'il ne craint pas d'appeler par son nom et annonce son avènement prochain. Ce discours provoque une discussion très animée. Un F s'écrit: je me suis attaché à démontrer ce qu'était la solidarité dans la famille, j'ai combattu avec toute la vigueur de mon âme le socialisme au dehors; quant à la conduite de la Loge Anglaise, trop souvent attaquée parce qu'elle ne veut pas faire de la politique, je répète l'expression de mes convictions : j'ai dit qu'il n'y avait nulle part de danger pour la Maçonnerie; que si dans les agitations du dehors, quelques Maçons voyaient un danger quelconque et par suite un besoin de s'unir, c'est que ceux là, malgré eux sans doute, plaçaient la Maçonnerie dans la politique profane et voulaient faire une propagande qui est formellement interdite dans les Loges. Le F Vigier ayant répliqué sur un ton d'une violence inouïe sur les colonnes de la Loge, le V M le rappelle à l'ordre et le menace de clore les travaux, ce qu'il est obligé de faire au milieu d'un désordre indescriptible.
Les résultats de l'intrusion de la politique d'ailleurs ne tardait pas à se faire sentir; en avril 1847, le VM annonçait, au cours d'une tenue de protestation, qu'un ordre du Ministère de la Guerre interdisait l'accès de la Maçonnerie à tous les militaires. Puis, comme corollaire, on trouve quelque temps après les traces de réclamations au Service des Postes : des convocations, des lettres disparaissaient, sans doute retenues par le service d'information policière.
Le 3 avril 1810, peur la première fois, on trouve relatée la réception d'un profane avec quelques détails. Il s'agissait en la circonstance du profane Jean Barre, qui fut plus tard un des grands VM de la Loge.
Cette réception est relatée dans les termes suivants : l'on fait parvenir à l'autel la supplique de ce profane qui demande à être reçu Maçon. Comme les réponses aux demandes à lui soumises dans la chambre des réflexions ont paru émaner d'un cœur fait pour sentir toutes les bontés dont l'institution maçonnique est capable, des obligations à la fois douces et sacrées qu'elle impose, et après les préparatifs préalables de l'usage, il s'est présenté à la porte du Temple, guidé par le F préparateur où, après avoir frappé en profane et dit son nom, son âge, sa profession, son répondant en Loge et sa volonté d'être reçu parmi nous, le V M a procédé à la réception du candidat avec cette locution douce et lumineuse qui inspire la confiance et qui dispose le cœur auquel elle s'adresse à des aveux francs, des repentes sincères, des retours efficaces.
Mais, le F Orateur ayant, dans l'intervalle de la réception, reçu des notes contre les mœurs et la conduite privée du néophyte, il en a fait part au respectable Atelier et, malgré qu'il ait prêté à ces accusations tous les charmes de cette éloquence attrayante et persuasive qui le distingue si éminemment, et qui enlève toujours les suffrages, le récipiendaire s'en est défendu avec le calme et la modestie de l'innocence de manière à se rendre à nos yeux, digne de la faveur qu'il sollicitait. Ayant ensuite passé par toutes les épreuves de rigueur et donné par la constance et sa résignation des preuves de sa bonne foi ainsi que de sa confiance en nous, la Lumière lui a été accordée et il a été reçu apprenti Maçon, suivant le rite anglais, après avoir prêté le serment qui le lie indivisiblement à tous les Membres de la Grande Famille.
A propos d'initiation, le 20 février 1816, un fâcheux événement mettait en émoi les Membres de l'Atelier. Le F Bonnan était venu dans le local et s'y était fait sauter la cervelle. Une Commission de cinq Membres fut nommée pour porter les consolations de l'amitié à la Veuve de cet infortuné.
Le 12 septembre 1851, deux profanes allemands ayant demandé l'initiation et le scrutin leur ayant été favorable, le V M demanda à trois FF de l'Atelier qui parlaient couramment l'allemand de procéder à la cérémonie en traduisant le rituel dans cette langue. On recevait ce jour à un prêtre, le F Ducos. Ce fut, croyons nous, le dernier ecclésiastique qui fut admis au sein de la Loge.