Le 18 octobre 1853, les Loges unies de Hambourg priaient l'Atelier de leur adresser le procès verbal de la séance d'initiation du profane David André Cords, qui avait été reçu par la Loge Anglaise le 5 novembre 1803. Cet excellent maçon, devenu Grand Maître du Grand Orient de Hollande était sur le point de fêter son cinquantième anniversaire maçonnique.
Mais revenons quelques années en arrière. Le G O de France venait de lancer tes foudres de l'excommunication maçonnique contre les Ateliers soumis au régime du Suprême Conseil. Les FF de la 204 profondément blessés par cette rigueur du Chef de la Maçonnerie protestent. Avec quelle force de raisonnement font ils ressortir leur opinion, avec quelle franchise font ils entendre au Pouvoir maçonnique l'erreur dans laquelle il est tombé et combien ces ordres s'écartent de la tolérance que lui même prescrit. Avec quelle ardeur enfin plaident ils la cause de Maçons zélés et laborieux qui sont toujours, quoi qu'on en dise, leurs FF. Quelque temps plus tard ils recueillent le fruit de leurs travaux. Dans une séance solennelle et devant une assistance nombreuse, sous la présidence du F Faget, les deux rites sont de nouveau réunis. La L L'Avenir, dépendant du Suprême Conseil, représentée par une nombreuse délégation, venait montrer combien elle était heureuse de cette réunion si désirée.
Chapitre quatrième
La Loge Anglaise est en pleine voie d'ascension au début de cette troisième période de son existence qui va de 1854 à 1877.
Malgré la bataille acharnée que lui livre l'Eglise, malgré toutes les campagnes de dénigrement, la Maçonnerie prospère. Le Gouvernement impérial cherche à se débarrasser de cette puissance dans laquelle il voit un ennemi dangereux.
Le 8 novembre 1853, le Grand Orient, qui tremble devant les coups de force de l'ancien président de la République devenu Empereur, invite, par prudence, les Ateliers à se mettre en sommeil. L'Anglaise décide de continuer ses travaux, cependant que, pour donner des gages à l'Empire, le Grand Orient se donne pour Grand Maître le Prince Murat.
Le 24 octobre 1854 la Loge apprend qu'il est question de fusion entre le Suprême Conseil et le Grand Orient de France : Curieuse fusion !
Le 15 mars 1855, le VM de l'Anglaise était nommé par décret Grand Orateur des Assemblées du GO de France. Le 1er mai, il informait les FF sur les colonnes, de la création d'un institut dogmatique, qui devait devenir plus tard le Grand Collège des Rites et dont il était nommé l'un des Membres. Le 29 juin 1759 il faisait savoir qu'il avait reçu le 33ème degré, le plus haut de l'échelle maçonnique et que les pouvoirs pour élever au trentième lui avaient été conférés. Dans un discours plein d'élévation, il reportait sur la Loge qu'il avait le plaisir de présider tout le mérite de ses succès.
Pendant ce temps, l'Empereur cherchait toujours à se débarrasser de la Maçonnerie. Le 21 octobre 1861 la réunion du Convent est interdite par le Préfet de Police et le Délégué de la Loge Anglaise 204, parti pour Paris avant d'avoir reçu l'avis de cette interdiction, avait fait un voyage inutile et rendait compte de la situation.
Le 4 février 1862, la Loge recevait la notification de l'élévation du Maréchal Magnan à la Grande Maîtrise par décision du gouvernement impérial. L'Atelier discute dans la consternation pour savoir s'il faut accepter cette décision ou se mettre en sommeil.
Cependant, considérant d'une part, que la Loge n'est qu'agrégée à la correspondance du GO, que, d'autre part, elle a conservé sa dignité d'ancienne Mère Loge, par trente deux voix contre vingt six, elle décide de continuer ses travaux. Cette décision entraînera quelques démissions.