C'est en 1826 que le GO de France produisit sa première constitution et fit une déclaration de principe. Il disait :
Article premier. - L'Ordre de la Franc Maçonnerie a pour objet l'exercice de la charité, l'étude de la morale universelle, les sciences, les arts et la pratique de toutes tes vertus.
Art. 2. - Il insistait sur l'usage officiel de la formule du Grand Architecte.
En 1849, une agitation se créa qui eut pour résultat la modification suivante des articles constitutionnels promulgués en 1826 : «La Franc Maçonnerie est une Institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, elle a pour base la croyance en Dieu et l'immortalité de l'âme, elle a pour objet l'exercice de la charité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts et la pratique de toutes les vertus. Ses mots sont : Liberté. Égalité; Fraternité».
Cette modification ne remplissait pas le but poursuivi. Une nouvelle rédaction fut proposée et le texte ainsi modifié : « La Franc Maçonnerie. Institution essentiellement philanthropique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts, la pratique de la charité. Elle a pour principes la croyance en Dieu et l'immortalité de l'âme et la solidarité envers l'humanité. Elle sent que la liberté de conscience est le droit des individualités, elle n'exclut personne pour ses croyances. Ses mots sont : Liberté. Egalité, Fraternité ».
On peut dire que dans ces trois rédactions successives, la définition de la Franc Maçonnerie au lieu de s'élargir se rapetissait pour s'enfermer dans une définition dogmatique. En vain, d'une façon assez illogique, dans sa dernière rédaction, essayait elle de revenir sur les croyances imposées en affirmant le droit à la liberté de conscience.
C'est àla suite de nombreuses discussions, pendant les divers Convents de 1867 à 1876, que le GO, réuni en Convent, décida d'envoyer à toutes les Loges de l'Obédience une circulaire dans laquelle il demandait s'il n'y avait pas lieu, étant donnée l'affirmation de liberté de conscience que l'on tenait comme un droit absolu de l'humanité, de supprimer le paragraphe 2 de la Constitution, c'est à dire l'obligation de la croyance en Dieu et l'immortalité de l'âme.
Cette circulaire est discutée par l'Anglaise le 6 mars 1877. Le F Lanusse lit à l'Atelier le procès verbal du dernier Convent sur la question de savoir si le paragraphe 1er, où il est dit que la Maçonnerie française a pour principes l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme doit être maintenu ou supprimé. Cette lecture, écou-lée avec une attention continue, se prolongea jusqu'à une heure avancée.
La communication de nouveaux documents tirés des dis-cussions, qui avaient eu lieu sur le même sujet dans les Convents précédents paraissant utile, la Loge en remet la lecture à sa prochaine tenue et, le 13 mars, en présence d'un grand nombre de FF le rapporteur de la question, le F Lanusse, après avoir analysé sommairement le discours prononcé en 1876, lit la plus grande partie des discussions ayant trait au même objet pendant les Convents de 1863, 1867 et 1870. A ces différentes époques, il avait été décidé, soit de maintenir le libellé, tel qu'il était établi à l'article premier de la Constitution, soit le renvoi de la discus-sion â une date ultérieure pour révision. Seul, le Convent de 1876 avait décidé qu'il serait définitivement statué sur ce vœu au Con-vent de 1877 après avoir demandé l'avis de toutes les Loges de l'Obédience. Les FF Borde et Lanusse, de l'Atelier, les FF visiteurs Cabaret, de la Sincérité, et Beer, de la Française élue Écossaise, prenaient la parole en faveur du maintien de l'article. Les FF Magnan, Bonnet, Bernard, argumentaient pour la suppression.