Le F Cabaret désirait le maintien parce qu'à son avis, il n'y avait rien à gagner à cette suppression, qui pourrait éloigner beaucoup de FF attirés par l'idée que le principe de l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme y était hautement proclamé et sans doute cette suppression donnerait aux ennemis de l'Ordre des armes pour le combattre dans le monde profane. Le F Borde faisait valoir en faveur du maintien qu'il est nécessaire et indispensable que la Maçonnerie garde à travers toutes les doctrines qu'elle admet au paragraphe 3 de l'article premier, l'idée qui est au sommet de toutes les religions, de toutes les philosophies, l'idée de Dieu. Il ne faut pas, ajoute t il, décourager les Loges dans les efforts qu'elles font pour pénétrer dans les pays fanatisés et y faire admettre nos principes. Selon cet honorable F ce serait là la ruine de l'institution que de supprimer ce puissant levier qui est au frontispice de tous nos temples : A la GADLU.
Le F Lanusse reconnaît ce qu’ont d’illogiques entre eux les paragraphes 2 et 3 de l’article premier, mais il en voudrait le maintien parce que, selon lui, il répond à toutes les exigences. D'un côté, cette reconnaissance n'est pas absolue. Il pense que la suppression entraînerait des modifications constitutionnelles importantes, qui seraient un véritable danger pour l'avenir de la Maçonnerie; il n'hésite pas à émettre tette pensée: qu'il en résulterait une irritation violente, une désorganisation malheureuse, qui amènerait la destruction du symbolisme. La logique serait au contraire satisfaite, dans une certaine mesure, mais on froisserait de nombreuses consciences, de longues habitudes et d'anciennes traditions, la reconnaissance du GADLU ayant été de tous temps installée dans nos rituels.
Le F Bonnet fait alors l'historique de la Constitution, de date relativement récente (1849), due aux menaces de l'Empire qui l'a presque imposée à la Maçonnerie. C'est sous cette influence néfaste que les expressions : existence de Dieu, immortalité de l'âme, ont été introduites dans la Charte afin d'y créer des germes de discorde, qui ont fait perdre et font perdre encore un temps précieux en discussions sans fin, dans des mesures telles que depuis 1849 la Maçonnerie, florissante alors, n'a fait que péricliter. On a voulu la diviser, et on y a réussi pour un temps. On tenait à endormir sa clairvoyance sur ce qui se passait au dehors. Pourquoi, ajoute t il, perdre notre temps sur ces questions de conscience individuelle, sur lesquelles on ne sera jamais d'accord? Il reste cependant un champ assez vaste à parcourir : celui du perfectionnement de l'humanité par la raison. Du reste la suppression demandée n'est pas une déclaration d'athéisme, tant s'en faut, et elle aura pour conséquence l'admission sans conteste de tous ceux qui, quelle que soit leur croyance intime, porteront en eux l'amour de l'humanité.
Le F Bernard ne voit pas le danger signalé par le FLanusse si on admet la suppression. Il ne partage pas non plus la crainte du Massicot, dont on a lu le rapport au dernier Convent. Ce Favait annoncé que le seul fait de mettre à l'étude ce vœu dans toutes les Loges de l'Obédience amènerait une irritation fatale et cependant, toutes les discussions se sont produites très pacifiquement dans toutes les Loges de France. II en sera de même, ajoute t il, de l'agitation et de la désorganisation prévues par les partisans du maintien. Il voit au contraire, dans la suppression. une cause d'apaisement parce que les motifs de discorde seront bannis. Notre Institution, dit il en terminant, ne peut être une Église s'emprisonnant dans ses dogmes, se circonscrivant dans les limites d'une secte, son but est de préparer la fusion des races par la fraternité. Sur ce terrain là, toutes les religions, toutes les philosophies se rencontrent, sans se heurter, parce qu'elles réservent toutes la liberté de conscience.
Avant de faire circuler le ballot pour le vote en question, plusieurs FF pressentant la décision qui va être prise, tiennent à bien établir qu'il résulte de la discussion : que la suppression des termes du deuxième paragraphe n'implique pas chez ses partisans la pensée qu'elle puisse entraîner après elle des modifications dans le symbolisme de nos grades et, tous ceux qui devaient voter la suppression s'empressent de faire cette déclaration, demandant que l'inscription en fut faite au procès verbal.