Mais le GO évolue de plus en plus. Le 10 août, une circulaire invitait les Ateliers â se préparer à faire de la politique. Malgré la protestation de l'Atelier, l'idée lancée va faire de rapides progrès. Quelques années plus tard, le Convent de 92 votait un impôt de capitation de 0 fr. 50 destiné à créer un fonds de propagande politique, je laisse à penser l'impression que ce vote put produire dans notre Loge qui, le 28 mars 1893, adressait sous forme de vœu un appel à la raison du Conseil de l'Ordre et, faut en payant ses capitations ordinaires, refusait ce nouvel impôt.
Le GO semble accepter cette décision, mais le Convent de 94 modifie la façon de percevoir cet impôt, qui devient payable par chaque Maçon en apposant un timbre spécial sur son reçu. Cette nouvelle manière de procéder, qui semble affranchir le trésor des Loges, mais qui, en réalité, le grève sûrement, puisque le trésorier est obligé d'acheter des timbres pour les revendre ensuite à ses collègues, parait inconstitutionnelle, et l'Atelier proteste. Le TIF Blavin, GM de l'Ordre, écrit personnellement au VM de l'Anglaise pour le prier de percevoir l'impôt, mais la Loge, comme elle l'a fait précédemment, n'envoie que ses contributions normales, s'abstenant de verser l'impôt de propagande. Elle accompagnait son envoi de la lettre suivante :
Me conformant à l'article 307 de nos statuts, j'ai la faveur de vous adresser la somme de 267 frs 50 que la RL Anglaise doit jusqu'à ce jour, suivant avis du GO du 17 mars 1880. Quant à la dette individuelle pour propagande que les F.F. refusent de payer, je ne m'en occupe pas, le trésor n'en étant pas responsable, ni en état de pouvoir supporter ce surcroît! de dépenses, Je vous prierai de m'excuser si je me permets de vous dire un mot sur le refus de payer l’impôt pour fonds de propagande voté, selon les FF de l'Atelier, un peu à l’improviste par le dernier Convent et avec effet rétroactif pour l'année 94.
Le total des impôts que la Loge devait au GO était de 18fr. 50 par membre de l'Atelier, auxquels s’ajoutaient l7 fr. 50 pour la Société Civile de ta Maçonnerie bordelaise, soit un total de capitation de 36 fr. représentant 180 francs actuels.
Pourtant le GO n'accepte pas les vues de l'Anglaise, la met en demeure de payer. Celle ci s'incline, mais demande instamment que l'argent qu'elle verse de cette sorte soit consacré à l'Orphelinat Maçonnique qui est, dit elle, une des meilleures propagandes que puisse faire la Maçonnerie. En 1900, L’assemblée du GO discute de la création des Loges Mixtes, mais cette création est repoussée après une brillante intervention du F Docteur Rivière, VM et délégué de la Loge Anglaise 204. La même année, au congrès régional d'Angoulême, un incident soulevé par un Fbordelais, a motivé un ordre du jour de protes-tation de la part de la Loge « Germinal », que la Loge accueille avec une batterie d'allégresse. Le Conseil de l'Ordre, qui se grise, sans doute, se croit le droit d'annuler la délibération de « Germi-nal » et la réponse favorable de notre Loge qui enregistre cet abus de pouvoir.
Cette Loge, dont quelques années avant le VM était chargé d'avertir un F mourant qu'il était temps pour lui de réclamer les secours de la religion, envoie en 1875 sa carte à la famille d'un F de Perpignan, qui s'est fait enterrer civilement et invite, en 1882, tous ses membres à assister aux obsèques civiles du F. Larguardele. Cette Loge, qui avait â diverses reprises exclu les Israélites de la Grande Famille, envoie des secours aux juifs per-sécutés en Russie. Mais si elle ne veut pas faire de politique, elle considère qu'il est de son devoir de s'occuper des grands problèmes sociaux, elle étu-die la question de la séparation de l'Eglise et de l'État, elle conclut au maintien du statu quo parce qu'elle y voit un moyen de brider le clergé. Elle émet un vote pour la réforme de la constitution de 1875 qu'elle ne trouve pas assez républicaine, s'inscrit contre ]a peine de mort dans la crainte d'erreurs irréparables, et prononce pour la recherche de la paternité et acceptant par avance l'affirmation actuelle, ton corps est à toi, émet un vœu tendant, à légaliser la procréation volontaire.