Ces tendances progressistes ne lui font pas oublier qu'elle a pris position contre l'admission des femmes dans la Maçonnerie et elle continue à l'affirmer avec énergie. Enfin, en 1905, par l'intermédiaire du F Cam. Duprat, qui se trouve en Allemagne en relations avec le TRGM du Royal York, elle fait une tentative pour obtenir de ce dernier qu'il fasse auprès du GO une démarche que celui ci ne veut pas faire le premier, en vue du rapprochement des Maçonneries française et allemande. Cette période de la vie de la Loge Anglaise fut, peut être, au point de vue du travail intellectuel, une des plus brillantes.
Pour la Maçonnerie en général, elle est caractérisée par la prépondérance des préoccupations politiques et l'intrusion d'un esprit progressiste dont les manifestations un peu excessives ont souvent provoqué les protestations et les réactions de l'Anglaise 204. Son attitude freinatrice et régularisatrice lui a valu d'être souvent traitée de loge aristocratique et réactionnaire.
Certes, elle ne voyait pas sans peine les luttes des comités politiques s'introduire au sein des Ateliers. Dès le début, elle fait des observations et complète son action en adressant des vœux au GOde France. Nous la voyons s'insurger contre les mesures prises par le gouvernement d'ordre moral, qui fait arbitrairement fermer la Loge Les Amis persévérants de l'Etoite de Vesone, Or?de Périgueux, de L'Union Sénégalaise, Or.'. de Saint Louis.
La question de l'enseignement la préoccupe; elle réclame l'instruction pour tous comme un devoir de l'Etat vis à vis des citoyens.
C'est avec peine qu'elle assiste impuissante à la fermeture des écoles maçonniques de Bordeaux, sous prétexte que l'instruction religieuse n'y est pas donnée, et lorsque l'enseignement laïque est enfin créé, elle fait distribuer un certain nombre de livrets de Caisse d'épargne aux élèves méritants.
Chapitre sixième
Le Convent de 1912 avait été remarquable par l'atmosphère de prudence qui y avait régné. Il soufflait en ce moment une sorte de vent réactionnaire; l'influence de M. Millerand, Ministre de la Guerre, se faisait sentir et il semblait que le Conseil de l'Ordre tremblât devant ]es directives que le Gouvernement paraissait vouloir prendre. Sous cette influence, il avait décidé de mettre la Maçonnerie sous le couvert de la loi sur les Associations et de faire dans le plus bref délai la déclaration réglementaire. Mais une partie des membres de la Maçonnerie était hostile à cette déclaration que le Conseil de l'Ordre prétendait indispensable en disant que la Maçonnerie n'avait pas le droit de se mettre en dehors des lois dont elle avait été officieusement l'inspiratrice. Aussi, au beau milieu d'une séance, le Président, le F Debierre, fit constituer l'assemblée en Comité secret et prendre, séance tenante, une décision autorisant le Conseil de l'Ordre à faire cette déclaration s'il le jugeait opportun. Puis, par une autre circulaire, on demandait aux Ateliers de donner leur avis à ce sujet. Le 12 novembre, après une discussion assez mouvementée, la Loge Anglaise, à l'unanimité des membres présents, émettait un vœu nettement défavorable à la Déclaration et priait son VM, le F Lucien Victor Meunier, délégué au Conseil de l'Ordre, de vouloir bien être son interprète auprès du Conseil quand cette question viendrait à l’ordre du jour.