Cette affaire avait ému non seulement l'Anglaise, mais encore toutes les Loges de Bordeaux, qui s'étaient réunies pour discuter de la question et avaient émis comme elle un vœu défavorable. Même émotion d’ailleurs dans la plupart des ateliers.
La Loge L'Unité Maçonnique, de l'O de Paris, communiquait â toutes les Loges de la Fédération un ordre du jour dans lequel, à la suite d'une quinzaine de considérants, elle émettait un vœu pour que le Conseil de l'Ordre fasse au plus vite la déclaration; par contre, la Loge L'Asile du Sage, de l'O de Lyon, envoyait copie de la protestation qu'elle avait adressée au GO, relativement à la procédure, hâtive et irrégulière, qui avait été employée en vue de cette décision. Elle demandait que cette formalité ne fût point accomplie avant que la question qui était renvoyée à l'étude des Loges ait été définitivement décidée par le Convent de 1913.
Le VM L.V. Meunier ayant été absent pendant les tenues précédentes, protesta parce qu'en répondant négativement à la circulaire du GO, on l'avait compris parmi les signataires, alors qu'il était personnellement partisan de la Déclaration. La Loge l'avait bien chargé de s'opposer à la réalisation de cette mesure, il avait fait part à ses collègues du Conseil de l'Ordre des craintes et des appréhensions des Loges de Bordeaux et demandé le renvoi à une date ultérieure, mais la discussion qui s'était poursuivie au sein du Conseil l'avait, disait il, confirmé dans son opinion et il croyait que la déclaration était nécessaire pour assurer à la Franc Maçonnerie la libre gestion de ses biens et lui permettre d'acquérir la capacité juridique. Il lui avait semblé impossible de tenir compte des considérants exprimés par la Maçonnerie bordelaise, dont il était en quelque sorte le délégué et, ne pouvant voter contre sa conscience, ni voter contre les convictions des FF de Bordeaux, il avait demandé à ses collègues la permission de s'abstenir. En somme, le principe de la Déclaration, voté par le Convent, était admis de nouveau au Conseil de l'Ordre, qui décidait, par vingt trois voix contre deux et trois abstentions, de le faire sans délai.
Le F Lucien Victor Meunier revenait donc de Paris, informait l'Atelier qu'il allait taira convoquer l'Assemblée générale des Maçons de la région bordelaise et que, dans cette Assemblée le TIF Debierte, président, assisté des membres du Conseil : Bouley, Bessière et Vadecart, de triste mémoire, viendrait le 4 janvier 1913 donner les raisons qui militaient en faveur de la fameuse Déclaration.
Cotte réunion fut lamentable. Après avoir entendu les FF Calmet et Labroue, que la Maçonnerie bordelaise avait chargé de développer les raisons de son opposition, le GM affirma que la Déclaration était déjà faite et leva la séance au milieu d'un tumulte inaccoutumé dans les réunions maçonniques.
Le 7 janvier, la question revenait sur le tapis pendant la réunion régulière de l'Atelier. Mis devant un fait accompli il fallait s'incliner. Cependant l'Anglaise émettait l'ordre du jour suivant
La Loge Anglaise 204 regrette que les Ateliers de la Fédération n'aient pas été consultés sur la question de la Déclaration, question d'intérêt général au premier chef, ainsi qu'il est prescrit par l'article 2 de fa Constitution (deuxième alinéa). Non satisfaite, en outre, des renseignements donnés aux maçons bordelais par les représentants du GO de France, à la tenue plénière du 4 janvier 1913, renseignements qui ne justifient point la hâte avec laquelle a été effectué le dépôt de la Déclaration; La Loge Anglaise 204 blâme le Conseil de l'Ordre au sujet de la procédure qu'il a cru devoir adopter et réserve sont attitude pour l'avenir.