La 204 commence alors une existence nouvelle. Inscrite immédiatement après la RL Le Centre des Amis, elle porte dans ta nouvelle obédience le n° 2. La GLNIRpour la Fet les Cmarche de l'avant, constitue des Ateliers. La GLP de Neustrie a inauguré la Loge Saint-Georges n° 3 et se prépare à en créer une autre. La GLP d'Aquitaine, de son côté, n'est point inactive. Il est question d'ouvrir un Atelier à Monaco sous la présidence du F Rendall et une Loge Anglaise à Bordeaux.
Pourtant, malgré son travail et son ardeur, malgré les efforts de tous ses FF, dans un splendide isolement, elle cherche vainement à faire rayonner le Rite Rectifié. Un grand obstacle se dresse devant elle, c'est l'impossibilité de considérer comme réguliers les Maçons des autres obédiences, ne pouvant recevoir ses anciens FF de Bordeaux, elle ne peut plus les visiter et par suite les convaincre.
Trois mois s'écoulent, on a enregistré quelques démissions, elle a grossi ses rangs par des affiliations et des réceptions, mais brusquement, ses travaux furent interrompus par le tragique événement qui devait pendant quatre ans passés transformer la vie de l'Europe en une catastrophe quotidienne et organisée. La plupart de ses membres dispersés, elle entre alors dans le sommeil, qui devait durer jusqu'au 18 février 1918, date à laquelle le VM A. Gendron, profitant d'une permission, put la réunir pour procéder au renouvellement de ses Officiers.
Sur les instances des Loges réunies de la rue Ségalier, la Société Immobilière de la Maçonnerie bordelaise avait offert son Hôtel au Service de Santé pour y établir une ambulance. Les Ateliers se trouvèrent du jour au lendemain dépourvus de local, mais une entente fut établie et la RL Les Neuf Sœurs offrait l'hospitalité de son Temple, rue Mouneyra.
Pendant l'année 1917, il s'était constitué à Bordeaux, sous la juridiction de la GLP d'Aquitaine et sous le signe distinctif de Loge Libération, la huitième de l'Obédience, un Atelier constitué par des Maçons américains, des Maçons anglais, et quelques Danois. Ces FF avaient loué, rue Tourrat, un temple protestant allemand, que la guerre avait rendu désert. C'est dans ce local qu'eurent lieu les élections de l'Anglaise et que sur les instances du F Gendron, Gruet fut élu VM et conserva la direction de l'Atelier pendant un an.
Le F Gendron était, quelques jours plus tard, élu Grand Maître Provincial d'Aquitaine, le F Liégaux s'étant démis de ses fonctions.
La guerre terminée, la Loge reprit son existence régulière, le F Ochsner succédait comme Vénérable au F Gruet, le F Graton au F Ochsner et tout continua dans l'ordre jusqu'au 22 mars 1920. Un léger mécontentement se manifesta parmi les FF de la Loge. La GLIR ne se manifeste guère que pour quémander; elle semble négliger complètement les Loges de province. Le nouveau Grand Maître provincial n'a pas été installé, on ne reçoit rien, ni directives, ni encouragements. La Loge vit sur elle-même, toujours complètement isolée des Maçons des autres Obédiences.
Sans doute pour se faire pardonner sa négligence un peu trop visible, la GLIR élève le F A. Gendron à la dignité de Député, Grand Maître National. Mais cette distinction accordée à l'un des leurs n'empêche pas les griefs qui continuent à subsister. En vain des réclamations sont adressées; elles restent toujours sans réponse. Le F A. Gendron, Député Grand Maître, essaie d'attirer l'attention du pouvoir central en donnant sa démission, d'abord de Député Grand Maître, et quelques jours après de Grand Maure Provincial. La situation paraît intolérable et puisqu'on ne peut trouver un moyen pour permettre un rapprochement avec la Maçonnerie française, on informe le Grand Maître Barrois, successeur du F de Ribeaucourt, qu'il lui faut au plus vite trouver un modus vivendi, qui permette le rapprochement, faute de quoi l'Anglaise, agissant en souveraine, reprendra son indépendance.